Catégories
Cuisine Tonique

Plates-bandes ou bouillon de volaille?

C’est samedi et il fait beau. Depuis le début de la semaine, la météo parle de pluie pour tout ce week-end et j’avais prévu faire un peu de popote mais il fait si beau ce matin que je vais plutôt passer au jardin. Le gros poulet qui décongèle au frigo pourra sans doute m’attendre jusqu’à demain. Je vous donne d’ailleurs ma recette du bouillon de volaille dans deux paragraphes. Euh… ma recette… façon de parler… c’est celle du chef du Spa Eastman!

Mais d’abord, la météo, parce que j’ai des comptes à régler avec elle. Ces temps-ci, je me surprends à grogner lorsque j’écoute les bulletins de météo. Pas parce qu’ils se trompent. Non, ça, je m’en fous un peu au fond. Le but d’entendre les prévisions météo, c’est de savoir comment s’habiller au jour le jour, ni plus ni moins. Au plus, tant mieux si on peut planifier un peu nos activités un ou deux jours à l’avance. Mais au-delà de ça, honnêtement, je trouve que ça ne donne pas grand-chose de connaître les prévisions cinq jours à l’avance, à part valoriser le beau temps ou encourager une déprime collective lorsque quelques jours de pluie sont au programme. Et le voilà le problème! On dirait maintenant qu’un jour de pluie est une mauvaise nouvelle. « Malheureusement Pierre, le ciel s’ennuagera demain et il y aura des risques de pluie pour les trois prochains jours ». Malheureusement? Mais elle est où la mauvaise nouvelle? C’est pas naturel ça qu’il fasse soleil parfois et qu’il pleuve d’autres fois? Non seulement c’est naturel mais c’est nécessaire et c’est sain. En plus, ça évite d’avoir à arroser les vivaces et ça remplit le bac à eau de pluie. Ça en prend des jours de pluie pour faire le ménage des vieilles photos, aller au cinéma, ou encore pour se replonger dans ce roman oublié pendant que notre super bouillon de volaille embaume la maison… Tiens. Ma crise météo est finie. Mais je vous en prie, aidez-moi à passer le mot : c’est pas parce qu’il pleut que la vie est moche!

Bon. Mon bon bouillon maison maintenant.

En fait, c’est mon adaptation de la recette de fond de volaille qui se retrouve dans le livre « Le Spa Eastman à votre table ». Avant, j’achetais des bouillons vendus en épicerie, en concentré liquide ou parfois en cubes (des versions santé qui me donnaient bonne conscience). Je savais qu’il y avait moyen de faire ça soi-même mais, comme tout ce que je ne connais pas, ça me semblait beaucoup trop compliqué pour rien. Mais je suis tombée sur cette petite recette toute simple, que j’ai adapté à mon goût pour satisfaire ma paresse. Au lieu d’utiliser des carcasses de volaille, je fais cuire tout un poulet, ou une dinde. Tant qu’à faire fonctionner la cuisinière pendant trois ou quatre heures, j’en profite pour récupérer plein de bonne viande : ça règle le repas du soir et j’ai ce qu’il faut pour concocter quelques belles salades, sandwichs ou riz au poulet!

L’intérêt de faire son propre bouillon plutôt que d’acheter les versions commerciales? Cette recette en environ dix fois moins salée que ce qu’on peut trouver en magasin : elle ne contient que 86 mg de sodium par 250 ml (1 tasse) au lieu de 800 mg pour la même quantité des trucs du commerce. Ensuite, selon l’utilisation qu’on en fait, on peut choisir d’ajouter sel, miso, ou ce qui conviendra le mieux à chaque recette. Quand je la fais, j’obtiens toujours pas loin de trois litres (10 à 15 tasses) d’un excellent bouillon : j’en garde un peu au frigo, prêt à être utilisé, et je place le reste au congélateur.

Je fais mieux de me dépêcher à vous l’écrire (je commence à me donner faim!). La voici :

Fond de volaille :

1,2 kg (2 ½ lb) de carcasses de volaille (que je remplace sans discernement par le poulet ou la dinde que j’ai sous la main)
4 litres (16 tasses) d’eau froide
1 poireau moyen, lavé et taillé en tronçons
1 oignon espagnol, coupé grossièrement
2 branches de céleri, en tronçons
2 carottes, pelées et taillées en tronçons
1 bouquet garni (persil, laurier, thym)
5 grains de poivre
1 clou de girofle (facultatif)

1. Faire dégorger les carcasses dans plusieurs eaux froides, puis les concasser grossièrement.
2. Déposer les carcasses dans une marmite.
3. Mouiller avec l’eau et porter à ébullition. Écumer.
4. Ajouter le poireau, l’oignon, le céleri, les carottes, le bouquet garni, les grains de poivre et le clou de girofle (facultatif). Ne pas remuer par la suite, car cela trouble le fond.
5. Réduire le feu et cuire à découvert de 3 à 4 heures à feu doux. Remouiller avec de l’eau chaude pendant la cuisson, au besoin, en vue d’obtenir 3 litres (12 tasses) de fond en fin de cuisson.
6. Passer au chinois et réfrigérer.

À noter : je l’ai fait en remplaçant l’oignon espagnol par deux oignons jaunes, je l’ai fait avec ou sans poireaux, avec plus ou moins de céleri ou de carottes, toujours en me contentant de ce que j’avais sous la main… et c’est toujours aussi délicieux!

Là-dessus, bon jardinage, ou bonne lecture, ou bonne marche, ou bonne popote… bonne journée quoi!

Lucie